Skip to content

Ni l'un, ni l'autre, je suis.

Et j’ai plus à dire que vous ne le pensez.

"

On vient montrer le meilleur de soi-même. On fait belle figure, c’est une image de soi que l’on vient chercher.

Seydou KEÏTA
Photographe malien

Parler de soi.

Les enfants et les jeunes ont du faire face à des situations complexes, et souvent subir des périodes difficiles ces dernières années, sans recevoir l’attention particulière qui aurait du leur être réservée par la société. Le contexte actuel n’améliore pas les choses : éco-anxiété, peur de l’avenir, difficultés à se situer, harcèlement, violences des réseaux, etc. 

Les élèves viennent s’exprimer dans le studio-vidéo installé dans leur établissement. Ils parlent d’eux et des sujets qui les préoccupent à travers l’objet personnel qu’ils ont apporté et peuvent utiliser les objets mis à disposition dans le studio. La parole leur est aussi donnée pour envisager des voies positives et parler de leurs propositions pour faire évoluer les choses ou se faire entendre des adultes. En accord avec l’enseignant, un sujet spécifique peut être choisi  et un travail en coopération élaboré en amont.

Ressemblances, différences et confiance en soi.

Cet exercice artistique est collaboratif : en préparant l’intervention en classe, les élèves peuvent travailler sur le vocabulaire, sur ce que l’on peut dire et ne pas dire, ou ce que l’on souhaite montrer de soi.

D’une façon ludique, ils apprennent à dire mais aussi à comprendre l’image comme vecteur de transmission de messages. Ils appréhendent la force des images et l’impact qu’elles peuvent avoir sur les réseaux, le poids des paroles et l’importance du sens des mots.

Un film est construit à partir des paroles recueillies et forme un socle de discussion. Projeté dans leur établissement, il permet un échange sur les goûts et la personnalité de chacun, la confiance en soi, le respect des autres, ce qui fait culture commune et les particularités.

Anne-Claire Latuillière
Enseignante à l’école Rose Val Plan

« J’ai rencontré Marie Milliard, à la projection de l’un de ses films. Elle m’a confié son envie de donner la parole à des enfants, ceux qu’on n’a pas l’habitude d’entendre. Mon collègue et moi voulions faire écrire leurs portraits à nos élèves aux personnalités multiples et passionnantes. Pourquoi ne pas les filmer après tout ? J’ai su qu’elle leur offrirait un regard bienveillant et la chance de s’exprimer sans tabou. Il n’y aurait pas de juste ou faux, juste leur parole brute. Marie les a accueillis le temps d’une séance photos et ils ne s’y sont pas trompés : ils lui ont tout de suite accordé leur confiance. Et le travail a commencé. De cette rencontre est né ce film : « Mon enfance est un trésor. »

50 enfants d’un quartier défavorisé qui osent confier à une cinéaste leurs souvenirs, leurs rêves, leurs identités, leurs trésors d’enfants.  La douceur de Marie et ses questions sérieuses, amenées avec la légèreté d’un jeu d’enfant, leur ont permis de s’exprimer en toute sincérité, tordant le coup aux clichés et aux préjugés, avec des paroles d’une force incroyable.

Quelle aventure pour eux ! Et quel cadeau pour leurs familles et nous, leurs enseignants, qui les avons découverts plus grands, plus matures, plus profonds que nous ne les pensions. Leur parole est précieuse. Marie a su la faire éclore et la transmettre, pour qu’elle soit écoutée et enfin reçue à sa juste valeur. Elle est bien plus qu’une passeuse de mots : c’est une fée… sans ailes ni baguette magique. Les pieds bien posés sur le sol, le regard lucide et le cœur grand ouvert, elle a la conviction profonde qu’avec une caméra, on peut – un peu – changer les choses.

Je la crois. »

"

Le film a permis de [...] regarder les élèves avec indulgence et confiance, et les a mis si joliment en lumière et en valeur.

A-Cl. LATHUILIÈRE
Enseignante à l’école Rose Val Plan